mercredi 14 avril 2010

Une quasie expérience du théâtre mexicain

Une grande Mexicaine (il y en a beaucoup ici, pas toutes grandes) vêtue d'une robe chinoise de satin bleue m'a remis Place Hidalgo un tract annonçant une pièce de théâtre, Angeles Ultimos. Je suis le plus souvent peu sensible à la publicité, fut-elle culturelle. Mais cette fois un détail attire mon attention: le logo du gouvernement du Québec y figure, même qu'il est placé avant celui du théâtre, lui-même en meilleure position que ceux des bailleurs de fonds publics mexicains. Je me mets à la recherche de la grande Mexicaine vêtue d'une robe chinoise, mais elle a disparue. Je quadrille la place. Ce faisant, mon regard balaie les gens aux terrasses, accompagnés, souriant, habillés pour l'occasion, socialisant, sexualisant. Je me dis qu'il faudrait bien que je sorte un peu (jusqu'à maintenant, je passe mes soirée dans ma chambre à regarder des films téléchargés) si je veux rencontrer des gens, bâtir un réseau social. Je décide d'aller au théâtre. J'y résoudrai bien le mystère de la contribution québécoise à cette pièce qui, à en juger des noms figurant sur le tract, est 100% mexicaine. Teatro La Capilla, le nom me dit quelque chose. 13, rue Madrid. Il y a un plan au dos du tract.

J'arrive un peu tôt. Il est 19h15. La pièce n'est qu'à 20h. Il y a un restaurant attenant. Il est vide. Je m'assois, prend une bière. Commence à écrire ce que vous lisez. C'est que j'étais sorti sans livre en me disant que j'allais au centre pour enregistrer les orgues de barberie qui faussent (épique! certains de ces instruments datent de 1810 et sont entretenus par des gens qui n'ont pas forcément l'oreille musicale) et que je rentrerais immédiatement. Le fait que je sois (temps présent parce que je transcris mes notes d'hier) à une table de restaurant vide à attendre qu'il soit l'heure prouve qu'il faut TOUJOURS avoir un livre avec soi. Bon, à la place j'écris tout ce qui me passe par la tête, c'est pas plus mal.

(Julia, à cet endroit du texte, il y a pour toi un aparté sur notre blog privé)

19h45, j'ai fini ma bière. Je vais acheter mon billet. Je discute avec la guichetière. Je remarque que derrière elle se trouve la grande Mexicaine à la robe chinoise. La guichetière m'explique que c'est le théâtre qui est appuyé par la fondation Québec (hein?!), que ce théâtre, dirigé par un Français du nom de Boris Schoemann, monte beaucoup de textes québécois. Voilà le mystère résolu même si cette résolution soulève d'autres questions. Billet en poche, j'attends toujours qu'il soit l'heure. L'heure venue, la guichetière vient m'annoncer que la pièce est annulée puisque je suis le seul représentant de la gent «public» ce soir-là. Je retourne à ma chambre. Je ne regarde pas de film téléchargé (mais j'en télécharge un pour le lendemain), je termine Sous le ciel de Bay City de Catherine Mavrikakis.

2 commentaires:

  1. je trouve ca un peu triste, etre le seul membre du public. mais c'est tres compliquee/interessant cette histoire de la "fondation Quebec..."

    comment as-tu trouver le livre de mavrikakis?

    RépondreSupprimer
  2. Le livre de Mavrikakis se termine sur une forte note. Il est noir et beau.

    RépondreSupprimer